HISTOIRE DES CONCEPTS

Ancien étudiant de l'ENS de Lyon, agrégé de philosophie en 2011, j'ai consacré l'année suivante mon mémoire de Master 2 à la théorie du gouvernement chez Rousseau. La rencontre de Bruno Bernardi, qui y donnait cours, a joué un rôle important dans le choix qui a été le mien de continuer à travailler sur Rousseau en doctorat, sous sa direction et celle de Michel Senellart, resté pour des raisons administratives seul directeur attitré. Ma recherche de doctorat, qui s'est étendue sur six années (2012-2018), a particulièrement accentué l'importance des délibérations d'assemblée dans la philosophie politique de Rousseau.

C'est depuis ce prisme que j'ai été conduit à interroger sa postérité et à examiner de façon à la fois critique et normative les fondements de la modernité démocratique.

Le livre issu de ma thèse, intitulé Défendre les droits du peuple : concepts et contexte de la philosophie politique de Rousseau, tâche d'en ressaisir les acquis essentiels, tout en faisant une place plus explicite aux méthodes de l'école de Cambridge pour interpréter la pensée et l'action politiques de Rousseau sur son temps.

THEORIE POLITIQUE

En 2015, j'ai bénéficié d'une bourse régionale pour effectuer un séjour de recherche au Centre de Recherche en Ethique de l'Université de Montréal, sous la direction de Christian Nadeau. Sur place, j'ai pu me familiariser avec le contenu et les méthodes de la philosophie politique analytique. C'est au Canada que j'ai véritablement pu prendre la mesure de la profondeur de l'oeuvre de Rawls, de l'importance des débats qu'elle a suscité et de la fécondité des approches analytiques en philosophie politique. J'y ai en particulier approfondi les thèmes de la démocratie délibérative et de la démocratie épistémique.

Pour donner une pérennité à cette inscription dans le champ des théories de la démocratie et l'enrichir d'une approche interdisciplinaire, j'ai fondé en 2018 avec deux politistes le laboratoire junior MAAD (Mutations et Approches Actuelles de la Démocratie) à l'ENS de Lyon.

Le fil conducteur de mes recherches au sein de ce laboratoire est la démocratie extra-électorale et le nouveau modèle de citoyenneté démocratique qui en émerge : mon implication dans l'observation de la Convention citoyenne pour le climat se rattache à ce projet. Je tâche  de montrer que le tournant épistémique (qui accentue la conformité des décisions prises aux exigences substantielles de la justice ou du bien commun) rend concevable la légitimité de l'action de citoyens non élus en amont (influence) comme en aval (contrôle) du processus de décision.

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En dépit de mon appétence pour la philosophie politique analytique anglo-américaine, je reste attaché aux apports des philosophes français à la théorie sociale et politique et à la tradition française d'enseignement de la philosophie (classe terminale, classes préparatoires, université)